Une ode à ta beauté
pour toi, et toi seule
Ai-je réellement le droit et l'autorisation d'écrire une ode à ta beauté ? Suis-je vraiment capable de rendre honneur à cette perfection ? J'en doute sincèrement. Et pourtant c'est avec une passion dévorante, presque incontrôlable, que je désire faire témoignage de ce que j'ai trop souvent l'immense honneur d'admirer. Comme si ne pas l'écrire serait une forme de trahison envers quelque chose de plus grand que moi.
Je viens te faire part d'une pensée qui me plaît particulièrement. Celle de la beauté. Pas n'importe laquelle, la tienne. Comme tu le sais sûrement, je suis sensible à toute forme de beauté. Le ciel d'un bleu qui rappelle la clarté du monde dans ses meilleurs jours. Une étendue d'eau nichée au cœur d'une forêt dans un cadre idyllique où le temps semble suspendu à lui-même. Une musique douce qui apaise chaque problème sans les résoudre, simplement en les rendant temporairement plus légers. La beauté est partout pour qui consent à la chercher, et moi je suis celui que l'on peut appeler un amoureux de la beauté pure de ce monde.
Mais ce soir je veux parler d'une beauté qui surpasse toutes les autres. La tienne. Une beauté telle qu'elle pourrait rendre jalouse la beauté en personne.
Je me retrouve à essayer de fixer sur du texte des sensations indescriptibles que je ressens en te regardant, en appréciant l'œuvre de l'architecte le plus parfait que l'univers ait jamais produit. Viens avec moi que je te présente la bâtisse la plus belle du monde. Toi. L'architecture de tous les désirs qu'il m'a été donné la possibilité de ressentir.
Tu es cette bâtisse que j'adore admirer depuis des années, sous toutes les coutures, à toutes les lumières, dans tous les états. Et chaque fois je découvre quelque chose que je n'avais pas encore eu la sagesse de remarquer. Comme si ta beauté se renouvelait en silence, non par changement, mais parce que mon regard n'était pas encore prêt à tout recevoir.
Le visage
Commençons par là où le regard se pose naturellement. Une façade tout simplement harmonieuse, remplie d'éléments captivants qui se répondent les uns aux autres avec une cohérence que nul architecte humain n'aurait su concevoir. Il ne s'agit plus uniquement de beaux yeux ou d'un beau visage. Non. Il s'agit de quelque chose de bien plus troublant que cela.
Des yeux qui auraient presque un goût sucré. Un regard qui semble m'aspirer dans une autre sphère de l'existence, comme si regarder dans ta direction était déjà une façon de voyager vers un endroit que l'on ne peut pas nommer mais que l'on reconnaît immédiatement. On dit souvent que les yeux sont le reflet de l'âme. Si cela est réellement le cas, alors ton âme est d'une beauté pétrifiante, le genre qui immobilise, qui suspend le souffle, qui fait oublier un instant que l'on est soi-même quelqu'un.
Mais cela n'est que le début. Un début certes déjà envoûtant, mais un début quand même.
En posant mes yeux sur tes lèvres, j'ai l'impression d'avoir reçu de l'univers lui-même une autorisation rare de contempler la douceur dont il est question dans les plus belles romances que les dieux aient jamais inspirées. Ces lèvres qui semblent porter en elles une promesse non formulée, quelque chose entre le silence et la parole, entre la retenue et l'abandon. Leur simple forme suffit à faire ressentir à mon corps une sensation de bien-être sans équivalent, comme si les voir était déjà une forme de repos. Comme si elles contenaient les secrets du plaisir interdit.
Et puis il y a la ligne de ta mâchoire. Cette architecture discrète et précise qui encadre ton visage avec une autorité tranquille, qui donne à l'ensemble cette définition, ce caractère affirmé qui fait qu'on ne t'oublie pas. La peau qui recouvre tout cela est une matière à part entière, une surface vivante qui absorbe la lumière différemment selon l'heure, selon ton humeur, selon l'angle depuis lequel on ose te regarder. Elle raconte quelque chose, cette peau. Elle a une mémoire, une texture, une façon d'exister qui lui est propre. Cette teinte mate mais à la fois si lumineuse au contact du soleil, comme pour rappeler que tu illumines mon existence.
La chevelure
Penchons-nous maintenant sur ta chevelure. Remplie de caractère mais aussi de possibilités infinies. Chaque modèle de tresse, chaque forme qu'elle prend, donne à ce visage une raison supplémentaire de vouloir se le graver au cœur. Comme si ta chevelure était une langue à elle seule, changeante, expressive, capable de modifier l'ensemble de ta présence simplement en se réorganisant autour de toi. Elle encadre, elle joue, elle affirme. Elle est à la fois couronne et voile, ornement et caractère, et dans chacune de ses formes elle raconte une version différente de la même vérité.
Le corps
Mais il serait réducteur de s'arrêter là où le regard se pose en premier. Parce que ta beauté ne s'arrête pas au visage. Elle descend, elle se déploie, elle habite chaque partie de ce corps avec cette même évidence tranquille, comme une lumière qui n'a pas besoin de chercher les recoins parce qu'elle les atteint naturellement tous.
Les épaules d'abord. Leur galbe, la façon dont elles portent ta présence dans l'espace, dont elles s'ouvrent ou se ferment selon ce que tu choisis de donner ou de garder. Il y a dans la ligne de tes épaules quelque chose qui parle de dignité, de port, de cette manière qu'ont les femmes rares d'occuper l'espace non pas en le prenant mais en le remplissant naturellement. Mais certaines femmes ? Que dis-je. Tu es incomparable. Tu es celle qui dicte à mon corps les réactions à avoir.
La courbure de ta nuque quand tu penches légèrement la tête est une géographie que je pourrais contempler des heures. Ce mouvement simple, involontaire, révèle quelque chose de profondément intime, une vulnérabilité douce que tu n'offres pas consciemment mais qui se donne néanmoins, et que je reçois chaque fois comme un privilège.
La douceur de tes bras, leur longueur, la façon dont ils se terminent en des mains qui ont leur propre langage. Tes mains qui accompagnent tes mots avec une grâce naturelle que tu n'as probablement jamais remarquée parce qu'elle t'appartient depuis toujours. Mais dont moi, homme, suis rempli d'envie. Ces mains qui effleurent, qui tiennent, qui parlent quand les mots ne suffisent plus.
Et puis cette silhouette. Cette façon qu'a ton corps de se dessiner dans l'espace, de proposer des courbes là où d'autres ne verraient que des lignes, d'affirmer une féminité qui n'a besoin de rien pour se justifier, qui existe pleinement, souverainement, sans effort ni démonstration. La taille qui marque cette transition douce entre deux façons d'être du même corps, ce point d'équilibre parfait entre deux mondes qui se complètent. Les hanches qui portent en elles quelque chose d'ancien, de fondamental, qui parlent d'une féminité qui précède toute définition que l'on pourrait en faire, qui existait avant que l'homme ait trouvé les mots pour la nommer.
Chaque détail de ce corps semble avoir été pensé dans ses moindres proportions, calibré par une intelligence que l'on ne comprend pas mais que l'on ressent. La féminité que tu portes n'est pas un concept abstrait. Elle est concrète, incarnée, présente et palpable, et elle rayonne avec cette indifférence magnifique de ce qui n'a pas besoin d'être vu pour exister, mais qui transforme tout regard qui consent à se poser sur elle.
Ai-je commencé trop simplement me dit ma conscience ? Certainement. Je me suis effectivement retenu par peur de t'effrayer. Car en réalité ta beauté n'est pas uniquement un déclencheur d'émotions positives et d'admiration. Non, c'est bien plus que cela. Il s'agit pour moi de l'expression du céleste sur terre. La signature du divin prouvant à mes yeux que le concept même de beauté est porté par toi, et non l'inverse.
Je suis convaincu que tu es celle qui a inspiré le mythe d'Aphrodite, déesse de la beauté.
Pourquoi ? Parce que l'homme ne pouvait concevoir que quelqu'un d'aussi magnifique puisse être humain comme nous autres. Alors il a préféré en faire une déesse. C'était la seule catégorie à sa disposition qui soit à la hauteur.
Tu es un soin que tu offres à toi seule à notre existence terne, car tu nous apportes une lumière par ta seule présence. Pas par effort, pas par intention, simplement parce que c'est ainsi que tu existes. Et moi, ce soir, je n'ai voulu que trouver les mots pour que tu saches que cette lumière a été vue.
Vraiment vue.